Message d’une rescapée du suicide : Je redis mon « OUI » sincère à la vie.  Finalement, je ne suis pas décédé, heureusement!  Ma vie a pris une tournure différente, et un sens nouveau.  Folly, www.centpapiers.com

Le suicide est le triomphe de la douleur, de la  peur et de l’échec au détriment de l’espoir.   Le suicide est plus souvent le résultat de la douleur, du désespoir et de la détresse. 

Le suicide n’est pas un acte si rare : environ 3 500 Canadiens se suicident tous les ans.  Ce chiffre dépasse souvent le nombre de décès causés par les accidents de la route dans une année donnée.  Bien que les tentatives de suicide soient plus fréquentes chez les femmes, environ quatre fois plus d’hommes se suicident réellement.  Ce résultat s’explique par le fait que les hommes font généralement appel à des moyens beaucoup plus radicaux dans leurs tentatives de suicide : armes à feu, pendaison ou asphyxie.  Les femmes optent souvent pour la surdose de médicaments, l’asphyxie ou l’ouverture des veines.  Les armes à feu sont utilisées dans 30% des suicides.  On estime que plus de la moitié des décès par arme à feu sont des suicides.

Une étude québécoise réalisée par le Centre de prévention du suicide 02 a tenté de découvrir s’il y avait un lien entre les taux de suicide et les taux de possession d’arme à feu.  Il est ressorti de cette étude qu’aux endroits où la chasse est une activité courante et où les armes à feu sont à portée de la main, le taux de suicide par arme à feu est plus élevé que dans les centres urbains.  De plus, le taux de décès global par suicide augmentait au fur et à mesure que le taux de suicide par arme à feu augmentait.  Les chercheurs ont conclu que si une personne suicidaire n’a pas accès à une arme à feu, il n’y a rien qui prouve qu’elle aurait recours à une autre méthode, du moins pas une méthode aussi mortelle qu’une arme à feu.

Au Canada, le suicide est la principale cause de décès chez les hommes de  25 à 29 ans et de 40 à 44 ans, ainsi que chez les femmes de 30 à 34 ans.  Le suicide est la deuxième cause de décès en importance chez les jeunes de 15 à 24 ans.  Pour chaque suicide réussi, il y a 100 tentatives de suicide.  Plus de 23 000 Canadiens sont hospitalisés chaque année après une tentative de suicide.

Bien que la cause du suicide soit inconnue, il existe certains facteurs de risque fréquents :

  • des pertes significatives dans la vie d’une personne, telles que la mort d’un être aimé, la fin d’une importante relation et la perte d’un emploi ou de l’estime de soi.
  • la perte de l’espoir ou de l’envie de vivre
  • une douleur émotionnelle ou physique insupportable
  • une maladie psychiatrique grave, notamment les troubles de l’humeur (dépression, maladie bipolaire, schizophrénie, abus de substances (principalement l’alcool)

Signes annonciateurs et facteurs de risque

En général, une personne prédisposée au suicide affiche, consciemment ou inconsciemment, certains signes indicateurs d’un mal-être.  Ceux-ci affectent la personnalité et l’attitude de la personne.  Une personne à risque montre souvent un ou plusieurs des signes suivants :

  • changements physiques; manque de tonus, différents troubles du sommeil, variations de poids ou troubles de l’appétit
  • évitement des amis et de la famille
  • manque d’intérêt pour des activités précédemment pratiquées, ou pour ce qui l’entoure
  • mise en ordre des affaires personnelles : don de ses biens ou intérêt soudain à l’égard de son testament ou de son assurance-vie
  • perte de l’estime de soi, pensées négatives sur sa propre valeur
  • référence à la mort ou au suicide oralement ou par écrit
  • signes de dépression clinique
  • tristesse et désespérance
  • tentatives de suicide antérieures
  • s’endetter ou payer ses dettes.
  • poèmes, chansons ou dessins concernant la mort etc.
  • incohérence du langage
  • confusion

Bien que de nombreuses personnes qui envisagent le suicide se montrent abattues, certaines masquent leurs sentiments par une énergie débordante : l’agitation, l’hyperactivité et la nervosité peuvent être le signe d’une dépression sous-jacente dissimulée.

La prudence est de rigueur lors de l’interprétation de ces signes, puisqu’ils ne sont pas nécessairement avant-coureurs d’un suicide.  De plus, la personne qui est en phase de cristallisation peut sembler soulagée, heureuse, voire euphorique.  L’entourage peut alors avoir l’impression que la crise est enfin terminée.  Toutefois, il faut demeurer vigilant puisqu’une bonne humeur soudaine peut représenter un signe avant-coureur d’un geste suicidaire.  En cas de doute, il est préférable de l’aborder directement avec la personne.

Certains pensent que si une personne parle de suicide, elle ne passera jamais à l’acte.  Parler de suicide est bien au contraire un signal d’alarme qui signifie qu’une personne est en danger.  Si une personne est si dépassée par ses problèmes qu’elle envisage le suicide comme une solution possible, elle mérite d’être prise au sérieux.  Parler du suicide signifie qu’il existe un risque que…(attente à sa vie ) –même si celui-ci ne passe pas vraiment à l’acte.  Le déni ne fera pas disparaître la menace de suicide et ne fera qu’accroître le sentiment de solitude et l’anxiété de la personne.

Comment aider

N’hésitez pas à parler du suicide. Si vous croyez qu’une de vos connaissances pense au suicide, abordez le sujet.  Les gens sont souvent soulagés de pouvoir parler à quelqu’un.  Reconnaître leur désarroi contribue à soulager le désespoir qu’ils éprouvent à porter seuls le poids de leur douleur.  Il est important d’écouter ce que cette personne a à dire sans porter de jugement sur ses sentiments.  Souvenez-vous que les personnes qui n’ont pas la possibilité de parler de ce qu’ils ressentent ne peuvent que se sentir encore plus isolées.

Les gens ont parfois peur d’aborder la question du suicide parce que cela pourrait donner de mauvaises idées à la personne dont le moral est déjà au plus bas.  Bien au contraire, votre intérêt va montrer à cette personne en détresse que quelqu’un l’écoute.  Si elle envisage vraiment de se suicider, parler constitue un exutoire aux sentiments intenses qui souvent la submergent.

Posez des questions directes car éviter le sujet ne ferait que montrer que vous ne prenez pas ses menaces assez au sérieux pour vous y intéresser.  Demandez-lui si elle a déjà pensé à se suicider et si elle a déjà envisagé quand et comment elle souhaite passer à l’acte.  Plus les détails sont nombreux, plus le danger d’un suicide est imminent.

Les tentatives de suicide sont souvent des appels au secours.  Tant que les suicidaires sont en vie, ils se raccrochent à l’espoir qu’ils trouveront éventuellement le moyen de maîtriser leurs émotions.  Si vous connaissez une personne qui pense au suicide, insistez jusqu’à ce qu’elle consente à demander une aide médicale ou psychologique rapidement

Aide d’urgence

Une aide immédiate est disponible pour les personnes qui se sentent écrasées par la peine et la solitude et qui ont besoin de parler à quelqu’un. Quand une personne est en pleine détresse, l’assistance psychologique par téléphone et les lignes d’écoute (Suicide Action, S.O.S. Suicide Jeunesse, etc.) offrent un contexte sans pression où elle peut parler à un conseiller attentif et anonyme.  Les lignes d’écoute sont également utiles si vous vous inquiétez pour un ami suicidaire et voulez savoir quoi faire dans une situation particulière.

Les services locaux figurent dans les annuaires téléphoniques.  Si vous avez des difficultés à les joindre, ne baissez pas les bras.  Rappelez ou adressez-vous à un autre service.  L’aide est souvent à portée de main et peut donner à une personne suicidaire le temps supplémentaire nécessaire pour qu’elle reconsidère ses choix et sa situation.

Si vous pensez qu’une personne près de vous est dans un état suicidaire, essayez de la conduire aux urgences d’un hôpital.  Les professionnels sont ceux qui gèrent le plus efficacement les tendances suicidaires et font en sorte que ces patients obtiennent les soins dont ils ont besoin pour rester en vie.

Le suicide a été décrit comme une solution définitive (et indésirable) à ce qui n’est souvent qu’un problème temporaire.  Les individus qui touchent le fond de l’abîme sur le plan émotionnel ne voient souvent pas comment ils peuvent s’en sortir.  S’ouvrir et trouver de l’aide, soit parmi leurs amis ou les membres de leur famille, soit auprès d’institutions religieuses ou sociales, peut apporter un soulagement et un nouvel espoir dans la vie de ces personnes.

Traitement

Les personnes qui pensent au suicide doivent être examinées par des professionnels qui évalueront si un traitement pourrait être indiqué.  Lorsque les pensées suicidaires se manifestent à la suite d’un événement interpersonnel immédiat, en parler avec un ami ou un membre de la famille peut désamorcer la crise.  Toutefois les individus suicidaires devraient obtenir une évaluation professionnelle (médecin de famille, professionnel de la santé mentale) afin de déterminer si un type quelconque de traitement psychologique est nécessaire (p. ex. : psychothérapie, thérapie de couple, etc.), ou un traitement médical (p.ex. : un traitement plus vigoureux pour soulager une douleur physique), ou un traitement psychiatrique (p. ex. : un traitement pour un trouble de l’humeur, une toxicomanie, une schizophrénie, etc.)

Le processus suicidaire

La période entre le moment de l’événement déclencheur et le passage à l’acte du suicide peut différer d’un individu à un autre.  Pour les adolescents, le processus peut être très court, soit de quelques heures ou de quelques jours.

Généralement, le processus dure de 6 à 8 semaines, et pour les suicidaires chroniques, il peut aussi être assez long : de quelques mois à plusieurs années.

Au point de départ, la personne en crise vit une situation problématique grave et difficile.  Elle n’arrive pas à trouver dans ses ressources personnelles ou communautaires une solution à son problème.  Elle éprouve un besoin de fuir la douleur.

L’idée du suicide, comme solution possible, traverse l’esprit de la personne en crise.

L’idéation est momentanée et passagère; la personne y pense rarement, et de façon vague.

Il n’y a pas de planification réelle ou, s’il y en a, elle est floue.  Cette idée peut très bien disparaître, pour réapparaître un peu plus tard.

Si les choses ne se règlent pas, les idées suicidaires, prennent de plus en plus de place; elles reviennent plus souvent, sont présentes plus longtemps, jusqu’à faire pratiquement partie du quotidien.

Les idées suicidaires sont alors continues, persistantes et peuvent devenir obsessionnelles.  En même temps, ce questionnement intérieur fait peur.  La personne se demande si elle n’est pas en train de devenir folle, ce qui augmente sa souffrance.  C’est la période de rumination.

À la période de cristallisation, ou la fixation de l’idée suicidaire, la personne en crise considère le suicide comme l’ultime solution à sa souffrance.

Lorsque l’état de la personne se détériore à ce point, la planification s’est précisée; le moyen, la date, le lieu et même l’heure peuvent être fixés.  Durant cette période, la personne peut sembler très calme, car elle perçoit la planification de son acte comme un apaisement, une issue, un répit.

Plus le processus suicidaire avance, plus les autres solutions que le suicide semblent devenir caduques ou désuètes, jusqu’à ne laisser que le suicide comme unique solution pour enrayer la douleur et la souffrance.

La personne suicidaire est ambivalente jusqu’à la fin.  La peur de passer à l’acte subsiste jusque dans les derniers moments. Le suicide est réversible jusqu’à la dernière minute.  Il n’est jamais trop tard pour intervenir.

RESSOURCES

CLSC URGENCE DÉTRESSE – Service de Crise Chaudière-Appalaches

24 heures/7 jours.

1-866-APPELLE (1-866-277-3553)

Les CLSC offrent aussi de l’aide et des consultations gratuites.

Le numéro Info-social est le même soit 1-866-Appelle

www.cpsquebec.ca  (centre de prévention du suicide)

www.aqps.info (association québécoise de prévention du suicide)

www.aqps.info/docs/suicide/index/html

www.casp-acps.ca  (association canadienne pour la prévention du suicide)