La recherche

C’est seulement en 1990 que des critères officiels de diagnostic pour la fibromyalgie (FM) ont été établis par le Collège Américain de Rhumatologie (American College of Rheumatology, ou ACR). Ils comprennent les critères qui suivent:

1-Historique de douleur diffuse: la douleur doit être chronique, diffuse (signifie douleur au-dessus et en-dessous de la taille et dans les 2 côtés du corps), musculo-squelettique, exister depuis plus de 3 mois et ce dans quatre quadrants du corps. En outre, une douleur au niveau squelette axial (dans le colonne cervicale, dans la partie antérieure de la poitrine, dans la colonne thoracique, ou dans le bas du dos) doit être présente.

2-Douleur dans 11 des 18 points sensibles à la pression digitale: il y a 18 points sensibles que les médecins doivent identifier avant de pouvoir faire un diagnostic de FM. D’après les exigences de l’ACR, un patient doit manifester une sensibilité dans 11 des 18 points pour être diagnostiqué FM. Une pression d’environ 4 kg doit être appliquée sur un point sensible, et le patient doit dire que ces points sensibles localisés sont douloureux.

Puisque les examens de routine (radiographie, examens sanguins) donnent des résultats le plus souvent normaux chez les patients fibromyalgiques, il est absolument fondamental d’avoir une histoire médicale complète et un examen physique fait par un médecin afin d’établir un diagnostic correct de FM. Comme les symptômes de la FM imitent plusieurs autres maladies (par exemple, le lupus disséminé, les maladies de la thyroide, la polyarthrite rhumatoide et d’autres), il est nécessaire de pouvoir exclure ces différentes étiologies avant qu’un diagnostic de FM ne soit établi.

La maladie a été classée en 1992 par l’Organisation Mondiale de la Santé (CIM-10 no 79-0).

Cependant, de nouvelles études (comme celle de Granges et Littlejohn en 1993), commencèrent à suggérer que les individus FM étaient sensibles à des stimuli douloureux à travers le corps, et non pas seulement aux endroits identifiés par l’ACR. Aujourd’hui, une douleur diffuse du corps est communément associée à la FM. Il devint  rapidement évident que la sensibilité du patient variait d’un jour à l’autre et d’un mois à l’autre. Il en résulte que le comptage des points sensibles pouvait certains jours être en dessous du seuil exigé (les 11 points requis), tandis que d’autres jours il pouvait le dépasser.

L’examen des points sensibles par des professionnels du monde médical est sujet à l’erreur humaine.  Lorsqu’il est mal fait (aux mauvais points anatomiques ou avec une mauvaise pression digitale), il entraîne des résultats erronés.  Hélas, les points sensibles de la FM sont parfois condondus avec les points gâchettes du syndrome de douleur myofasciale.  ll n’est pas rare que la FM soit confondue avec ce dernier. La recherche se poursuit afin de pouvoir prouver, par des tests en laboratoire infaillibles, le diagnostic de la fibromyalgie. En attendant, les critères de l’ACR demeurent l’outil le plus fréquemment répandu pour diagnostiquer la FM.(National Fibromyalgia Partnership, texte révisé par Dr Jean-Charles Boulanger-Weill, 2001)

Le syndrome de douleur totale complexe (SDTC), encore appelé fibromyalgie (FM), est une maladie handicapante qui touche près de 3% à 5% de la population.  On estime à 140,000 personnes atteintes au Québec (4 femmes pour 1 homme), plus de 1 million au Canada et 3 à 26 millions aux États-Unis.  En comparaison, la Sclérose en plaque affecterait 50,000 personnes au Canada.  Et pourtant, cette maladie bénéficie de soutien financier et universitaire (recherche) beaucoup plus considérable. Pourquoi?

La fibromyalgie «primaire» a longtemps été considérée comme un syndrome clinique d’origine psychologique.  En 2002,  la recherche biomédicale montre qu’il existe chez les fibromyalgiques des troubles neurologiques centraux, en particulier au niveau des mécanismes endogènes de modulation de la douleur.  Ces découvertes sont importantes, car elles démystifient cette affection et permettent une meilleure approche thérapeutique.

L’hypothèse endocrinienne

La fatigue qui accompagne les douleurs des fibromyalgiques «primaires» n’est pas liée à un problème thyroïdien.  Toutefois, tout symptôme évocateur de fibromyalgie doit cependant faire l’objet d’un bilan thyroïdien puisqu’il existe certaines similitudes cliniques entre la fibromyalgie et les problèmes thyroïdiens.

L’hypothèse immunitaire

Diverses études ont montré, de façon isolée, une augmentation du titre en anticorps antisérotonine, antinucléaire, antithyroïdiens chez les fibromyalgiques.  Cependant, il serait faux de croire que ces seules découvertes sont pathognomoniques de la fibromyalgie puisque la majorité des patients qui ont des titres élevés de ces anticorps ne sont pas atteints de ce syndrome.

Certaines cytokines (substance agissant sur d’autres cellules immunitaires pour en réguler l’activité), par exemple, produites en très grande concentration, pourraient être responsables de la douleur et de la fatigue des fibromyalgiques. Lorsque certaines cytokines sont administrées par voie intrathécale à des rongeurs, elles ont la propriété d’induire de l’hyperalgésie.  Un phénomène semblable pourrait exister ches les fibromyalgiques.

Les hypothèses biochimiques

Plusieurs observations isolées sur divers troubles métaboliques ont caractérisé la littérature scientifique de la dernière décennie.  Déficit en magnésium, problème de phosphorylation, problème de saturation sanguine en oxygène, défauts dans la peroxydation des lipides et des protéines, anomalies de la glycolyse ont tour à tour été invoqués comme responsables de la douleur musculaire des fibromyalgiques.  Ces observations n’ont cependant pas été confirmées et leur signification clinique n’est toujours pas établie.

L’hypothèse infectieuse

Si certains auteurs ont évoqué la possibilité que certains agents infectieux puissent contribuer au développement de la fibromyalgie, il n’existe aucune certitude quant à cette hypothèse.

L’hypothèse traumatique

Bien que cela n’ait pas non plus été prouvé de façon formelle, il semble de plus en plus plausible qu’il existerait un lien entre l’apparition du syndrome fibromyalgique et l’existence d’un événement déclencheur ou favorisant.  Il ne sera d’ailleurs pas facile de  prouver s’il existe un lien de cause à effet.  Des études prospectives chez des traumatisés de sources diverses devraient être faites pour vérifier cette hypothèse.  Si l’hypothèse était confirmée, cela suggérerait qu’une douleur aiguë d’origine traumatique mal contrôlée pourrait être responsable de la sensibilisation spinale (centrale) de plusieurs fibromyalgiques.

Le rôle des hormones sexuelles

Depuis longtemps, les spécialistes de la douleur ont remarqué que plusieurs syndromes douloureux se retrouvent principalement chez la femme.  La fibromyalgie, la migraine, l’arthrite rhumatoïde ainsi que plusieurs autres entités médicales sont de ce nombre.  La douleur ressentie dans ces différentes pathologies est variable et elle suit le cycle menstruel, atteignant des sommets vers la période péri-menstruelle.  Ces informations témoignent d’une contribution important des hormones sexuelles.  Cela est d’ailleurs corroboré par les différences observées dans les seuils de tolérance à la douleur dans certaines situations physiologiques, notamment lors de la grossesse et en péri-ménopause.  La situation des fibromyalgiques n’est pas différente.  La  plus grande prévalence de cette affection entre les âges de 40 et 60 ans ne peut que rappeler qu’il se pourrait que les hormones sexuelles y jouent un rôle important.  Des études sont requises pour évaluer l’affection douloureuse des fibromyalgiques dans différentes conditions hormonales et à différents âges de la vie.  En particulier, il serait intéressant d’évaluer le rôle de l’hormonothérapie de substitution sur la douleur des fibromyalgiques.  Certaines études semblent confirmer les effets bénéfiques de l’hormonothérapie sur la réponse nociceptive de la femme et de l’homme.

Et si la douleur était psychogénique?

Il est vrai que de nombreux fibromyalgiques finissent par présenter des symptômes dépressifs parfois sévères.  Des études établissent à environ 30% l’incidence de dépression majeure dans ce groupe de patients.  Cette observation n’est pas surprenante puisque,  les niveaux des principaux neurotransmetteurs impliqués dans la dépression sont diminués chez les fibromyalgiques.  Ce serait une erreur de conclure que la dépression est elle-même responsable du phénomène douloureux.  En effet, quelques études récentes montrent que la dépression n’influence pas le seuil de tolérance à la douleur.

Avant d’avoir la fibromyalgie

En discutant avec les patients et leurs parents, on constate que plusieurs présentent un sommeil déréglé depuis l’enfance.  Au moment d’une infection, lors d’un stress ou d’une blessure, le sommeil se détériore avec des problèmes d’endormissement, d’éveils ou de sommeil non-réparateur.

À l’enfance, on note souvent des douleurs aux membres inférieurs qui éveillent la nuit et nécessitent du frottage et des consultations.  À l’adolescence, les douleurs menstruelles sont fréquemment handicapantes et peuvent s’accompagner de douleurs dans le dos.  On voit souvent des points de fatigue dans le dos, des maux de tête et des torticolis.  Il s’agit de personnes sensibles, ralenties ayant des relations étroites avec l’entourage.

Quelle doit être l’approche médicale pour traiter la fibromyalgie?

Tout en envisageant un traitement pharmacologique, il est recommandable de vérifier les habitudes de travail, d’évaluer l’environnement du travail, de suggérer un suivi psychothérapeutique pour une meilleure gestion du stress et/ou de la dépression.  De plus, il est indispensable de prescrire un programme adapté d’activités physiques avec une composante aérobique et une composante d’étirements musculaires.  Pour ce, il est parfois nécessaire de solliciter la collaboration de spécialistes en activité physique et/ou physiothérapeutes.  Il est aussi important d’expliquer aux patients que le conditionnement physique, même chez les individus sains, n’est pas dépourvu de douleur et que cette douleur diminue avec le temps.  Il s’agit en quelque sorte d’une «bonne douleur».

Les experts ont ainsi classé par ordre d’importance et par niveau de preuve les recommandations de prise en charge non-pharmacologique:

  • Le traitement en milieu aquatique chauffé avec ou sans exercices est efficace dans la fibromyalgie;
  • Des programmes d’exercices individualisés incluant des exercices aérobies ( de type endurance comme le jogging, la natation…) et de renforcement peuvent être bénéfiques pour certains patients souffrant de fibromyalgie;
  • Les thérapies cognitives et comportementales peuvent être bénéfiques pour certains patients souffrant de fibromyalgie;
  • D’autres thérapies telles la relaxation, la rééducation, la physiothérapie et le soutien psychologique peuvent être proposées, adaptées aux besoins individuels des patients.

Fibromyalgie: l’aquaforme aiderait à soulager les symptômes

6 mars 2008- Des exercices pratiqués dans une piscine chauffée pourraient améliorer la qualité de vie de femmes atteintes de fibromyalgie, selon une étude espagnole.

Le bien-être des 17 participantes qui ont fait des exercices dans l’eau a surpassé celui des 16 femmes qui souffraient aussi de fibromyalgie, mais qui n’ont pas participé aux séances d’aquaforme, ont noté les chercheurs.  Ils ont comparé les paramètres de douleur, d’anxiété, d’activités quotidiennes, de mobilité et d’autonomie des deux groupes de femmes.

Selon les résultats, l’effet bénéfique de l’exercice aquatique s’est fait sentir dès la première évaluation, après trois mois de séances.  À la fin de l’étude, qui a duré huit mois, les bienfaits étaient toujours présents.

Les femmes du groupe aquaforme ont participé à trois séances d’une heure en piscine chaque semaine.  Les exercices dirigés comprenaient 10 minutes d’échauffement, 10 minutes d’aérobie, 20 minutes de musculation en utilisant la résistance de l’eau, puis 10 autres minutes d’aérobie et finalement 10 minutes de détente.  L’eau de la piscine, qui arrivait à la hauteur de la taille des participantes, était chauffée à 33 degré C.

Une étude antérieure, qui avait duré 12 semaines, avait montré que les effets bénéfiques des exercices aquatiques sur la fibromyalgie s’étaient estompés à la suite d’une période d’inactivité de trois mois.  On ignore pendant combien de temps les bienfaits de l’aquaforme se sont maintenus à la suite de la présente étude.  La fibromyalgie touche 900 000 personnes au Canada, dont 90% sont des femmes. (passeportsanté.net)

Sur le plan pharmacologique, l’expérience révèle qu’il n’existe pas de recette  «miracle» pour traiter la douleur de ces patients, mais qu’il faut parfois faire appel à une ou plusieurs de ces substances pour parvenir à un soulagement adéquat des douleurs.

Il est par ailleurs important de se souvenir que les fibromyalgiques, comme les migraineux et pour des raisons encore inexliquées, présentent de l’hypervigilance à différents stimuli sensoriels (aux bruits, aux odeurs, à la lumière, par exemple).  Il faut en tenir compte dans la prescription pharmacologique. En effet, on recommande en général de débuter avec des doses très faibles, généralement la moitié de la dose habituelle de départ.

En 2005 l’European League Against Rheumatism (EULAR) reconnaît la fibromyalgie comme une entité douleureuse bien réelle.

Mystérieuse, la fibromyalgie a longtemps été regardée avec indifférence, voire un certain dédain de la part de quelques professionnels de santé ne sachant pas  s’il s’agissait d’une maladie organique ou  psychiatrique.  Aujourd’hui, à mesure que l’on en connaît mieux les causes, la fibromyalgie est plus reconnue.  Lors du congrès 2006 de la Ligue européenne contre les rhumatismes (Eular), les experts internationaux ont établi les premières recommandations de prise en charge de cette affection.

RECHERCHE SUR LA DOULEUR CHRONIQUE:

Un partenariat public-privé unique permettra de fournir de meilleur outils à la recherche québécoise sur la douleur chronique, à son diagnostic et à son traitement.

(Mentionnons  M. Serge Marchand, professeur-chercheur ainsi que M. Pierre Arsenault MD,  professeur-chercheur à l’Université de Sherbrooke qui travaillent beaucoup en ce sens.)

Deux des principales sociétés pharmaceutique du Canada unissent leurs efforts à ceux du Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) et du ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) du Québec pour intensifier la lutte contre la douleur chronique et soutenir les chercheurs et les cliniques affiliées aux quatre centres hospitaliers universitaires de la province.

Ce partenariat, une première au Canada, vise à renforcer le Réseau québécois de recherche sur la douleur (RQRD) déjà le plus développé au pays, qui réunit les cliniques de la douleur des quatres centres hospitaliers universitaires du Québec et plus de 75 médecins et chercheurs spécialisés dans le domaine.

Dans le cadre de ce partenariat, Pfizer Canada, AstraZeneca, le FRSQ et le MSSS injecteront sur quatre ans 4,35 millions de dollars dans la recherche et l’éducation afin d’améliorer la compréhension de la douleur chronique et l’efficacité du diagnostic et du traitement.

Plus d’un million de personnes au Québec – environ une sur cinq – souffriront de douleur chronique durant leur vie.  Chez la population âgée, la proportion atteint 50%.

La douleur chronique est plus susceptible de frapper les femmes que les hommes.

Les personnes atteintes de douleur chronique en souffrent depuis 7 ans en moyenne.

Près de la moitié (47%) estiment que leur douleur n’est pas maîtrisée. La douleur chronique affecte la qualité de vie, tant sous l’angle du bien-être émotionnel que de la capacité à fonctionner normalement.(Communiques.gouv.qc.cagouvqc/communiques/GPQF/Fevrier2008)

ENQUÊTE SUR LA SANTÉ DANS LES COLLECTIVITÉS CANADIENNES (Statistiques Canada 2003, rapports sur la santé 82-003-XWF, volume 18, numéro1)

Un nombre important de Canadiens font état de symptômes liés à des affections que l’on ne peut identifier avec certitude au moyen d’un examen physique ou d’autres épreuves de diagnostic.  Ces symptômes, regroupés sous le nom de symptômes physiques médicalement inexpliqués ou SPMI, caractérisent des problèmes de santé tels le syndrome de fatigue chronique, la fibromyalgie, et les sensibilités aux agresseurs chimiques.  Or, à l’égard de ces problèmes de santé, le manque d’uniformité qui se dégage des évaluations physiques ou en laboratoire a soulevé une polémique et semé beaucoup de confusion.  A titre d’exemple, de nombreuses personnes, y compris certains professionnels de la santé, ne croient pas que ces troubles existent et en attribuent plutôt les symptômes à une gamme d’autres causes.  Mais pour les personnes touchées, les symptômes sont bien réels, voire souvent débilitants.

À partir de données provenant de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) menée en 2002, puis en 2003, le présent article traite de la prévalence des SPMI et décrit les caractéristiques des Canadiens ayant déclaré avoir des problèmes de santé connexes.  Il explore en outre la comorbidité entre SPMI et troubles psychiatriques ainsi que la relation entre les SPMI et la dépendance, l’état de santé mentale autoévalué, et l’utilisation des services de soins de santé.

Le syndrome de fatigue chronique (SFC), la fibromyalgie (FM) et les sensibiiltés aux agresseurs chimiques (SAC) se caractérisent par des groupes de symptômes intéressant plusieurs appareils différents du corps humain, qui demeurent médicalement inexpliqués.  Du fait qu’ils se partagent des symptômes clés, il arrive souvent qu’une personne satisfasse aux critères de deux ou plus de ces troubles.

PLUS D’UN MILLION

Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2003, 5% des Canadiens âgés de 12 ans ou plus (soit environ 1,2 million de personnes) ont déclaré qu’on avait diagnostiqué chez eux l’un des trois problèmes de santé liés aux SPMI.  Ainsi, 1,3% ont déclaré souffrir de SFC, 1,5% de FM, et 2,4% de SAC.  Parmi les personnes ayant déclaré des SPMI, environ 14% souffraient de deux ou trois problèmes de santé.

Pour chacun de ces trois problèmes de santé, les taux de prévalence chez les femmes sont plus de deux fois plus élevés que chez les hommes.  En outre, la prévalence globale des SPMI augmente avec l’âge.  Ainsi, le taux correspondant était de 1,6% chez les personnes de 12 à 24 ans mais de 6,9% chez les 45 à 64 ans.  La tendance est similaire pour chacun des trois problèmes de santé.  Même lorsque des variables comme le revenu du ménage, la scolarité et l’état matrimonial sont prises en compte, les différences selon l’âge et le sexe demeurent significatives.

La probabilité de déclarer des SPMI est liée à la situation socioéconomique.  Ainsi, le taux global de prévalence de SPMI de même que les taux de prévalence correspondant à chacun des problèmes de santé sont significativement supérieurs aux chiffres nationaux chez les personnes appartenant au groupe inférieur de revenu du ménage, et significativement inférieurs chez les personnes appartenant au groupe supérieur.  De même, une proportion relativement élevée de personnes sans diplôme d’études secondaires ont déclaré des SPMI, comparativement à une proportion plus faible chez les diplomés postsecondaires.  Toutefois, le rapport entre le niveau de scolarité et ces trois problèmes de santé pris séparément est moins simple.

Comparativement aux personnes mariées, les personnes qui n’étaient plus mariées au moment de l’enquête étaient presque deux fois plus susceptibles de déclarer chacun des trois problèmes de santé.   Cette association avec l’état matrimonial demeure importante même lorsque les effets des autres variables sociodémographiques sont pris en compte.

DÉPENDANCE

Des pourcentages significativement élevés de personnes ayant déclaré des SPMI ont indiqué un certain niveau de dépendance.  Plus du quart (27%) d’entre elles ont eu besoin d’aide pour les activités instrumentales de la vie quotidienne, comme préparer les repas, accomplir les tâches ménagères quodidiennes, se rendre à des rendez-vous et faire les courses; en revanche, 7% des personnes sans SPMI ont indiqué avoir besoin d’une telle aide.   De même, 8% des personnes ayant déclaré des SPMI ont dit avoir besoin d’aide pour les activités personnelles de la vie quotidienne, comme prendre un bain, s’habiller, manger, prendre des médicaments et se déplacer dans la maison, contre 2% des personnes n’ayant pas déclaré de SPMI.  Même lorsque les facteurs sociodémographiques sont pris en compte, l’association entre les SPMI et la dépendance demeure importante.

SANTÉ MENTALE ET BIEN-ÊTRE

Comme il fallait s’y attendre, des proportions substantielles de personnes ayant déclaré des SPMI avaient une perception négative de leur santé physique.  Aussi, ces dernières étaient-elles plus susceptibles que les personnes n’ayant pas déclaré de SPMI  de considérer leur santé mentale comme passable ou mauvaise (15% contre 4%).  Par ailleurs, près du quart (23%) des personnes ayant déclaré des SPMI éprouvaient de l’insatisfaction face à la vie, contre 8% des personnes n’ayant pas déclaré de SPMI.

TROUBLES MENTAUX

De nombreux ouvrages spécialisés ont démontré qu’il y a un lien étroit et constant entre les SPMI et la détresse psychosociale, d’autre part, et entre les SPMI et les troubles psychiatriques, d’autre part.  Selon l’ESCC de 2002, les personnes ayant des SPMI sont plus susceptibles que les personnes sans SPMI d’avoir des troubles psychiatriques.  L’analyse présentée est axée sur la prévalence, au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, du trouble dépressif majeur, du trouble bipolaire I, du trouble panique, du trouble d’anxiété sociale (phobie sociale), et de l’agoraphobie.  Les participants à l’enquête qui répondaient aux critères d’au moins un de ces cinq problèmes de santé étaient considérés comme ayant un trouble mental.

Chez les personnes ayant des SPMI, 21% (soit plus du cinquième de la population) ont indiqué souffrir d’au moins un de ces troubles, comparativement à 8% des personnes sans SPMI et à 10% de celles ayant d’autres problèmes de santé physiques chroniques, comme l’asthme, le diabète, la migraine, le cancer et la maladie cardiaque. La prévalence de troubles psychiatriques était particulièrement répandue chez les personnes souffrant de SFC (36%).  Toutefois, même si la prévalence de troubles mentaux était élevée chez les personnes ayant des SPMI, certaines recherches laissent supposer que le stress lié aux symptômes physiques inexpliqués peut entraîner des problèmes de santé mentale:  dans nombre de cas, les SPMI précèdent les symptômes psychiatriques.

CONSULTATION DE FOURNISSEURS DE SOINS DE SANTÉ

Les personnes ayant des SPMI ont tendance à déclarer un nombre relativement important de consultations médicales.  Comparativement aux personnes sans SPMI, et même à celles ayant d’autres problèmes de santé chroniques, les personnes ayant des SPMI sont plus susceptibles de tenter d’obtenir de l’aide, tant auprès de fournisseurs de soins de santé conventionnels que de praticiens en médecine non traditionnelle.  En 2003, 22% des personnes ayant déclaré des SPMI ont indiqué avoir consulté leur médecin  de famille ou leur omnipraticien plus de 10 fois au cours de la dernière année, comparativement à 7% des personnes sans SPMI.  Plus de 40% des personnes ayant des SPMI avaient consulté des spécialistes, comparativement à 26% des personnes sans SPMI.  En outre, 32% de toutes les personnes ayant des SPMI avaient tenté d’obtenir de l’aide auprès de praticiens en médecine non traditionnelle, comparativement à 20% des personnes sans SPMI.  Toutefois, ces taux élevés de consultation sont peut-être le résultat de demandes de consultation multiples.

DESCRIPTIONS DES ÉTATS DE SANTÉ AU CANADA (Statistique Canada – no 82-619-MIF2006003 au catalogue)

Une personne chez laquelle on a posé le diagnostic de fibromyalgie, la douleur varie en intensité de jour en jour et peut changer d’emplacement.  Elle est généralement décrite comme une sensation de brûlure, de douleur diffuse et d’endolorissement qui est généralement plus prononcée dans les parties du corps qui sont utilisées le plus.  L’existence d’une douleur intense peut empêcher d’exécuter mêmes les tâches les plus simples, causant des incapacités professionnelles et sociales.   La fatigue est généralement grande, atteignant souvent le stade de l’épuisement, ce qui diminue l’endurance et réduit la capacité de fonctionnement physique et mental.  Des pertes de mémoire, et des troubles de la concentration et de l’attention se manifestent, particulièrement quand l’épuisement est intense.  Les personnes atteintes éprouvent aussi un niveau modéré d’anxiété et de dépression.  D’autres symptômes également fréquents chez les personnes souffrant de fibromyalgie comprennent des spasmes de la vessie (qui causent une miction fréquente ou urgente), le syndrome du côlon irritable (alternance de constipation et  de diarrhée), et les migraines, qui ajoutent au malaise et limitent le fonctionnement social.

Classification personnes atteintes de fibromyalgie:

 Les lettres identifiants une facette de leur situation, et le niveau 1 indique l’absence de limitation, alors que 4 ou 5 indique des limitations plus importantes.

DM (3) = Douleur ou malaise-Douleur ou malaise modéré 

FP (2) = Fonctionnement physique- Légère limitation du fonctionnement physique

EE (3) = État émotif- Plutôt malheureux

FA (3) = Fatigue- Vous éprouvez la plupart du temps un sentiment de fatigue et de manque d’énergie.

MP (4)= Mémoire et pensée -Manquant un peu de mémoire et ayant un peu de difficulté à penser et à résoudre les problèmes quotidiens.

RS (2)= Relations sociales -Légère incapacité à entretenir des relations sociales

AN (3)= Angoisse – Vous éprouvez une angoisse modérée et ce de façon régulière

PA (1)=  Parole – Vous pouvez vous faire comprendre parfaitement en parlant à des étrangers ou à des amis.

OU (1)= Ouïe -Capable d’entendre ce qui se dit au cours d’une conversation en groupe avec au moins trois autres personnes, sans appareil auditif.

VU (1)= Vue – Capable de voir suffisamment pour lire un journal ordinaire et reconnaître un ami de l’autre côté de la rue, avec ou sans lunettes ou lentilles cornéennes.

DE (1)= Dextérité – Usage complet des mains et des doigts.

ÉTUDES  :  AU SUJET DU SOULAGEMENT

Biofeedback.  L’objectif du biofeedback est d’apprendre au patient à contrôler une tension musculaire ou une fréquence respiratoire, en utilisant au départ des appareils qui rendent visibles ces paramètres physiologiques.  Deux études contrôlées démontrent que le biofeedback aiderait surtout à mieux vivre avec la maladie.

Hypnothérapie.  Dans une étude contrôlée, l’efficacité de l’hypnothérapie a été comparée à celle de massages, auxquels était combiné l’apprentissage d’une technique de relaxation musculaire, chez 40 personnes dont la maladie avait résisté au traitement médical.  Les personnes du groupe traité à l’hypnothérapie ont vu leur état général s’améliorer beaucoup plus que celles de l’autre groupe, particulièrement en ce qui concerne la fatigue matinale, les douleurs musculaires et de la qualité du sommeil. 

Thérapie cognitivo-comportementale.  Cette psychothérapie individuelle vise à aider les personnes à mieux connaître et comprendre leur maladie, et à mieux gérer leurs états d’anxiété, leurs émotions et leurs douleurs.  Un des buts recherchés est de remplacer les pensées et les perceptions négatives, qui peuvent aggraver les symptômes, par d’autres plus positives.  Cela peut impliquer certains changements dans la vie quotidienne.  Quelques études ont évalué les effets de la thérapie cognitivo-comportementale auprès de personnes  atteintes de fibromyalgie, avec des résultats intéressants.

5-HTP (5-hydroxytryptophane).  Le 5-HTP est un précurseur de la  sérotonine dans le cerveau.  Il est surtout utilisé pour traiter la dépression, mais il pourrait également soulager les personnes atteintes de fibromyalgie, comme l’ont démontré deux études réalisées sur un total de 100 sujets.  De plus, les résultats d’un essai comparatif mené auprès de 200 sujets indiquent qu’une combinaison de 5-HTP et d’antidépresseurs de type IMAO pourrait soulager significativement les symptômes de la fibromyalgie et les migraines qui l’accompagnent souvent.  Les auteurs croient qu’un déficit de sérotonine est commun à ces deux pathologies.   Une synthèse d’études parue en 1998 souligne également le lien entre des faibles taux de sérotonine et la fibromyalgie, ce qui pourrait expliquer l’action bénéfique du 5-HTP.  Dosage. Un total de 300 mg par jour, à prendre en trois doses de 100 mg. Note. L’utilisation du 5-HTP en automédication est controversée.

Acupuncture. Des essais cliniques publiés avant l’an 2000 laissent croire que l’acupuncture peut soulager les symptômes de fibromyalgie.  Cependant, leur qualité méthodologique laisse à désirer.   En 2006, deux  nouveaux essais ont été réalisés.  Un premier a été mené auprès de 21 personnes atteintes de fibromyalgie, sans groupe témoin.  Les traitements d’acupuncture ont apporté un soulagement significatif chez tous les sujets.  Dans le second essai, mené auprès de 55 patients, cette fois contrôlé avec des traitements d’acupuncture factice (placebo), des chercheurs ont observé que l’acupuncture améliorait les symptômes de fibromyalgie davantage que les traitements placebo.   Cependant, deux essais parus en 2005, comprenant 214 sujets au total concluaient que les traitements d’acupuncture soulagent la douleur, et cela, peu importe à quel endroit les aiguilles sont insérées sur le corps (acupuncture réelle ou placebo) 

Cayenne (Capsicum frutescens). Des crèmes, lotions ou onguents contenant de la capsicine, le composé actif du cayenne, se sont avérés efficaces pour soulager les douleurs rhumatismales.  Par ailleurs, la Commission E reconnaît l’usage externe du cayenne pour soulager les douleurs musculaires logées aux épaules, aux bras et à la colonne vertébrale.  L’effet des préparations à base de capsicine chez les personnes atteintes de fibromyalgie n’est pas encore bien connu.  Une étude préliminaire regroupant 45 sujets âgés de 18 ans à 70 ans a toutefois démontré que l’application d’une crème (concentrée à 0,025% en capsicine)  quatre fois par jour soulageait les tensions musculaires plus efficacement qu’un placebo.  La capsicine exercerait son effet antidouleur en épuisant les réserves de substance P.

Chiropratique.  Encore peu de recherches se sont penchées sur les effets de la chiropratique sur la fibromyalgie.  Dans l’une d’elles, une réduction de l’intensité de la douleur et  une amélioration de la qualité du sommeil et du degré de fatigue ont été observées à la suite de 30 séances de chiropratique.

Massothérapie.  Bien que certaines personnes atteintes de fibromyalgie utilisent la massothérapie, très peu d’études ont été réalisées afin d’en évaluer les effets. Selon une revue des essais cliniques randomisés parue en 2003, un massage peut être très douloureux pour une personne fibromyalgique, mais pourrait réduire la douleur à moyen terme.  Quelques recherches ont permis de constater d’autres impacts positifs comme la réduction de la dépression, de la douleur et de l’utilisation d’analgésiques, l’amélioration de la mobilité, du sommeil et de la qualité de vie ainsi qu’une diminution du sentiment d’impuissance.  Mais, une des études fait remarquer que la plupart de ces effets ne persistent pas à long terme.

SAM-e (S-adénosylméthionine). Principalement utilisée en traitement de la dépression et de l’arthrose, la  SAM-e pourrait bénéficier aux personnes qui souffrent de fibromyalgie.  Un essai clinique à double insu avec placebo mené en 1991 auprès de 44 sujets a permis de constater des améliorations significatives aux chapitres de la douleur, de la fatigue, de la raideur matinale et de l’humeur chez les sujets traités par rapport à ceux du groupe placebo.   D’autres chercheurs ont testé la SAM-e administrée par infection intraveineuse plutôt que voie orale.  Dans trois essais sur quatre, le produit a entraîné une réduction des symptômes supérieures à celle du placebo.

Tai-chi.  Les résultats d’un projet pilote réalisé en 2003 auprès de 39 personnes atteintes de fibromyalgie indiquent que le tai-chi, dérivé d’un art martial de tradition chinoise, pourrait permettre une meilleure gestion des symptômes de fibromyalgie et augmenter la qualité de vie. 

Végétarisme.  Une alimentation végétarienne, en grande partie composée d’aliments crus, pourrait aider à réduire la douleur musculaire ainsi que la raideur aux articulations, tel que l’indiquent les résultats de trois études.  Jusqu’à présent, l’effet de cette diète a été testé sur un petit nombre de sujets atteints de fibromyalgie.  La plus longue étude a duré sept mois.  Mentionnons qu’une autre étude a conclu que le végétarisme n’avait pas d’effet notable sur cette maladie.

Pharmacopée chinoise.  Le Xiao Yao Wan dit  »Poudre de la libre promenade » est utilisé en Médecine traditionnelle chinoise pour soulager les douleurs fibromyalgiques. 

Recommandations alimentaires.  Certains experts affirment que les symptômes de fibromyalgie pourraient être aggravés par une alimentation malsaine.  Voici les recommandations du Dr Andrew Weil, médecin et naturopathe réputé:

  • Éliminer de son alimentation les huiles végétales hydrogénées (comme le shortening et certaines margarines qui restent solides à la température de la pièce) et les aliments dont la teneur en acides gras trans est élevée (comme les fritures, les pâtisseries et les biscuits).
  • Augmenter son apport en acides gras oméga-3, un acide gras essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, qui collabore aux réactions anti-inflammatoires.  Les graines de lin, l’huile de lin et les huiles de poisson (contenues dans les poissons gras sauvages comme le maquereau et le saumon) en sont des sources importantes.
  • Manger suffisamment de fruits et de légumes ( 5 à 10 portions, selon le guide alimentaire canadien).
  • Incorporer dans ses mets plus de gingembre et de curcuma.

Il semble que la fibromyalgie s’accompagne d’une surcharge en radicaux libres, des déchets produits par l’organisme lorsqu’il brûle les nutriments pour en tirer de l’énergie.  Un surplus de radicaux libres (ou un manque d’antioxydants, qui combattent ces derniers) contribuerait à l’inflammation des tissus et, par conséquent, à la douleur.  Voilà pourquoi il serait particulièrement important de consommer des fruits et des légumes, riches en antioxydants.

Enfin, un autre naturopathe réputé, J.E. Pizzorno, estime qu’il est important de s’assurer que l’alimentation n’engendre pas de fortes variations de la glycémie.  Selon lui, des écarts marqués en dehors de la normale augmenteraient la sensibilité à la douleur. 

Relaxation et réduction du stress.  Afin de mieux gérer le stress, facteur aggravant de la fibromyalgie, le Dr Andrew Weil suggère à ses patients de pratiquer le yoga ou la méditation.

REMARQUES

À propos des suppléments de magnésium.  Un taux de magnésium inférieur à la normale semble fréquent chez les personnes atteintes de fibromyalgie.   Des études font état de nombreuses personnes ayant rapporté que la prise de suppléments de magnésium avait contribué à réduire leurs douleurs.  Le magnésium exerce plusieurs fonctions.  Il pourrait notamment jouer un rôle dans le soulagement de la douleur par son action relaxante sur les muscles lisses, dilatante sur les vaisseaux et normalisatrice sur la conduction nerveuse.

Seulement deux petits essais cliniques ont porté sur la prise de magnésium en supplément.  Le premier a été effectué en deux étapes.  Au cours de la première, les sujets recevaient deux fois par jour trois comprimés du Super Malic (200 mg d’acide malique et 50 mg de magnésium) ou un placebo.  Après un mois, aucune différence significative n’a été notée entre les deux groupes.  Dans une deuxième étape, l’étude s’est prolongée jusqu’à six mois, cette fois sans placebo et avec une dose plus élevée.  Une réduction notable de la douleur a été observée.

Le deuxième essai, mené auprès de 15 patients, a conduit à des résultats encourageants.  La prise de suppléments de magnésium (300 mg à 600 mg) et de malate ( 1200 mg à 2 400 mg) durant huit semaines a permis de réduire la douleur de façon plus importante que le placebo.  Aucun effet indésirable n’a été rapporté lors de ces études.

À propos des autres suppléments de vitamines et minéraux.  Des professionnels de la santé recommandent parfois aux personnes souffrant de fibromyalgie une panoplie de suppléments (magnésium, sélénium, fer, zinc, calcium, vitamines du groupe B, vitamine C et divers antioxydants) pour combler une déficience, favoriser la relaxation musculaire ou améliorer l’humeur et le sommeil.  D’après nos recherches, ces produits n’ont toutefois pas fait l’objet d’études cliniques chez des personnes fibromyalgiques.

MIGRAINE

QU’EST-CE QU’UNE MIGRAINE?

La migraine est un type particulier de céphalée récurrente qui est plus fort qu’un mal de tête normal.  D’habitude, la douleur est plus intense et ressemble à des coups de marteau.  En règle générale, cette douleur s’étend à la moitié droite ou gauche du crâne.  Tout mouvement physique exacerbe la douleur, et l’éblouissement de la lumière ou l’intensité des bruits la rendent presque insupportable.  La nausée et les vomissements en sont des conséquences fréquentes.  La migraine peut durer deux heures, ou même jusqu’à deux  ou trois jours.

La cause des migraines demeure inconnue.  Selon l’hypothèse la plus courante, les migraines se produisent lorsque les artères cérébrales – celles qui véhiculent le sang vers le cerveau – deviennent plus étroites (constriction) à la suite de spasmes artériels au niveau du cerveau.  Par conséquent, la circulation sanguine ralentit et, au bout de quelques instants ou de quelques heures, les vaisseaux sanguins gonflent (dilatation), provoquant ainsi un mal de tête pénible.

Comme il existe plusieurs types de maux de tête (liés à la tension, aux sinus, aux rhumes, à la grippe, etc.), il existe également différents types de migraines.  La migraine accompagnée et la migraine commune caractérisent les deux variantes les plus fréquentes de crises.

La migraine accompagnée (ou ophtalmalogique) est précédée de points lumineux appelés l’aura visuelle.  L’aura visuelle est parfois similaire à des jets de lumières ou de couleurs scintillantes.  Il se peut que votre vue s’embrouille ou que des taches aveugles envahissent votre champ visuel.  L’aura peut se manifester pendant environ 15 à 30 minutes, suivie de douleurs à la tête, entraînant parfois d’étranges sensations de fourmillement ou de brûlure, même des faiblesses musculaires localisées à un côté du corps.  Il peut également vous arriver d’éprouver des humeurs dépressives, d’irritabilité ou d’agitation.

La migraine dite commune n’est pas précédée de l’aura visuelle.  Les migraines de cette catégorie s’installent parfois plus lentement que la migraine accompagnée.  Par contre, les symptômes – la nausée et les pulsations au crâne – durent souvent plus longtemps et répercutent sur le déroulement de vos activités quotidiennes. La migraine commune représente presque la majorité des migraines.

Nous savons qu’il existe un bon nombre de facteurs communs qui déclechent les migraines.  Dans certains cas, il suffit d’un seul élément pour déclencher la migraine.  Dans d’autres cas, il s’agit d’une association de facteurs.  Votre degré d’hypersensibilité à ces facteurs détermine la fréquence avec laquelle vous souffrez de migraines.

  • Stress
  • Manque de sommeil
  • Aliments :  chocolat, noix, fromages vieillis, vin rouge, viandes salées, oignons, oeufs et boissons alcoolisées
  • Environnement: changements climatiques ou de température, lumières fortes  ou scintillantes, bruits intenses, odeurs puissantes venant des cigares ou parfum
  • Modifications rapides des concentrations d’oestrogènes:  pendant les menstruations ou les phases préliminaires de la grossesse ou de la ménopause.

Un bon moyen d’identifier les facteurs qui déclenchent vos migraines consiste à prendre en note tout ce que vous venez de manger et de faire le constat de vos expériences depuis les dernières 24 à 48 heures avant l’apparition de la migraine.   Ensuite, vous devez éviter ces facteurs en y opposant un sommeil adéquat.  Cela permet de vérifier les facteurs de déclenchements. 

LES CANADIENNES ET LA MIGRAINE ( Statistiques Canada 2005)

Pas moins de 3,1 millions de Canadiennes souffriraient de migraine, selon un sondage mené cette année.

Près du tiers des femmes seraient affligées de migraine dans les provinces des Prairies (l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba) et dans les provinces atlantiques (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Edouard et Terre-Neuve-et-Labrador).  Au Québec et en Ontario, ce serait le quart.

Parmi elles, neuf femmes sur dix s’absentent du travail ou de l’école, ou réduisent leurs tâches domestiques en raison de la douleur provoquée par la migraine.

La migraine frappe davantage les jeunes. Ainsi, elle touche:

-38% des femmes de 18 ans à 24 ans;
-30,4 % des 25 ans à 55ans;
-18% des 55 ams à 64 ans;
-8,5% des 65 ans et plus.

Près de quatre migraineuses sur dix (38%) admettent n’avoir jamais consulté un professionnel de la santé au sujet de leurs maux de tête.

Près de huit femmes sur dix (79%) affligées de migraines récurrentes affirment n’être pas satisfaites du traitement qu’elles utilisent.

Selon une étude, le renforcement musculaire soulage la cervicalgie.

Selon une nouvelle étude sur les femmes souffrant de cervicalgie dont les résultats ont été publiés dans le numéro de janvier de la revue Arthritis Care & Research, des exercices ciblés de renforcement des muscles du cou ont entraîné un soulagement appréciable et prolongé de la cervicalgie, tandis qu’un programme de mise en forme générale n’a procuré qu’une atténuation légère de la douleur.